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Combien de fois par an m'a-t-on demandé d'où je suis? La question déclinée sous toutes les latitudes, de toutes les manières, de la plus naïve (le "from where are-you?"des alpagueurs de bazar) à la plus politique (ces histoires d'appartenance…), m'interloque toujours, comme je l'ai déjà dit
ailleurs… Tout bien considéré, j'ai finalement décidé d'être de quelque part mais à temps partiel. Pour l'heure, je suis de Cagliari. On sait que l'ère du transport sécurisé et la disparition programmée de la pêche artisanale ont chassé les navires des villes, les reléguant derrière des barrières infranchissables, réduisant le "port", comme par exemple à Marseille, à un ridicule parking à bronze-culs flottants. Une des rares villes où le port est encore là, au bout des rues en pente, d'où on peut apercevoir au détour d'une venelle l'immensité d'un bateau de haute mer, recrue de vents et de soleil, alternant des boutiques de produits locaux nullement calibrés pour le tourisme international avec des magasins qui trahissent la mystérieuse présence de l'Inde en ces lieux, siège d'un des plus beaux festivals littéraires de ma connaissance, Cagliari, pour l'heure, c'est chez moi.
D'autant que, profitant honteusement de l'invitation des amis de Marine Café Noir, on en a profité pour opérer quelques incursions à l'intérieur des terres et le long de la côte…
On a découvert le plateau de la Giarra, ses étangs et ses bêtes semi-sauvages, les nuraghi qui s'étalent au pied de cette espèce de mesa sarde, et la côte vers Chia…
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| Ça commence par une rencontre avec les forestiers qui vous demandent de baptiser un chat qu'ils viennent d'adopter: il s'appellera "Zefiro" en hommage à ses yeux couleur de l'eau au pied du cap éponyme |
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| Le portail franchi, on entre dans une forêt "magique" comme dirait mon ami Jean-Jacques, mage d'un autre plateau… |
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| De la maison des forestiers, on s'attend à voir surgir des hobbits… |
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| il y a le sous-bois habité d'éclats de lumière |
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| il y a des étangs à géométrie variable |
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parmi les présences animales, les vaches sauvages sont les plus insaisissables…
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| …les chevaux, eux, se laissent plus facilement… |
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| …approcher |
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| …plus facilement que le mystère des nuraghi… |
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| Par exemple, ce mystérieux culte de l'eau, présent dans toutes les demeures privées: ne s'agirait-il pas simplement de salles de bain? |
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| …et les boyaux de la forteresse, ça ne vous rappelle rien? |
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| …mais évidemment, ce jour où, malheureusement, maman ne vous a plus voulu dans son ventre et où vous avez rencontré la lumière… |
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| Plus tard, au bord de la lagune de Nora… |
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| …vous percevez la présence d'autres formes de vie… |
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| …et la ville antique, sur son promontoire… |
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| …va éveiller d'étranges réminiscences… |
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| Mais ce soir, les portes de la prison se referment sur vous, pour une rencontre avec des détenus, au dehors, la lumière est toujours là, sur la mer… (la suite demain) |
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